| | Le procès d'hamé, Troisieme Volet | |
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krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
| Sujet: Le procès d'hamé, Troisieme Volet Sam 9 Juin - 15:24 | |
| La Cour de cassation va trancher le conflit entre M. Sarkozy et La Rumeur
LE MONDE | 09.06.07 | 13h50 • Mis à jour le 09.06.07 | 13h50 Mercredi 13 juin, la Cour de cassation rendra son arrêt dans l'affaire qui oppose le ministère de l'intérieur à Mohamed Bourokba, dit Hamé, membre de La Rumeur, sans doute le plus politisé des groupes de rap français. Poursuivi pour "diffamations publiques envers la police nationale", le rappeur d'origine algérienne avait été relaxé une première fois, en décembre 2004, par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, puis en juin 2006, par la cour d'appel.
Fait rarissime, le ministre de l'intérieur de l'époque et actuel président de la République, Nicolas Sarkozy, s'était alors pourvu en cassation. La première plainte avait été déposée le 3 juillet 2002 par M. Sarkozy après la parution d'un article signé Hamé intitulé "L'insécurité sous la plume d'un barbare" : ce billet d'humeur avait été publié dans un magazine promotionnel qui accompagnait la sortie du premier album du groupe, L'Ombre sur la mesure, le 16 avril 2002.
Trois passages de ce pamphlet étaient incriminés. Le rappeur écrivait notamment : "Les rapports du ministère de l'intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu'aucun des assassins n'ait été inquiété." Ce qui provoqua la plainte du ministre de l'intérieur : "Lesdits propos portent atteinte à l'honneur et à la considération de la police nationale en ce qu'ils insinuent l'existence de conduites illégales de la part des forces de police."
Le rappeur écrivait aussi : "La réalité est que vivre aujourd'hui dans nos quartiers, c'est avoir plus de chances de vivre des situations d'abandon économique, de fragilisation psychologique, de discrimination à l'embauche (...), d'humiliations policières régulières". Ces propos furent qualifiés de "diffamatoires dans la mesure où ils insinuent l'existence de pratiques déontologiquement prohibées de la part des forces de l'ordre, ainsi qu'un comportement contraire à la probité".
SOCIOLOGUES ET HISTORIENS
Plutôt que de jouer profil bas en plaidant un simple droit à la liberté d'expression, Hamé et son avocat, Dominique Tricaud, avaient choisi de politiser le débat. Parmi leurs témoins figuraient ainsi des sociologues (Fabien Jobard), des historiens (Maurice Rajsfus) et même un gardien de la paix, Eric Blondin, fondateur du Syndicat de la police nationale, qui tous affirmèrent que les violences policières étaient bien réelles, et que le texte incriminé reflétait "le sentiment général". "Nous avons voulu éclairer nos propos à la lumière de leur travail", explique aujourd'hui Hamé, "en mettant en perspective une histoire de la répression à partir de documents journalistiques et d'archives d'Etat".
Ancien étudiant en lettres et sociologie, Hamé a fondé La Rumeur, à Elancourt (Yvelines), en 1997, avec ses deux complices Ekoué et Philippe, eux aussi étudiants, respectivement d'origines togolaise et antillaise. Refusant les clichés du hip-hop le plus commercial, le groupe s'est engagé politiquement, marqué par les injustices sociales et les dérives de la France postcoloniale. Soutenus à leurs début par le groupe de rock Noir Désir, ces rappeurs parisiens ont reçu jusque-là un bon accueil critique pour leurs trois albums, dont le tout récent Du coeur à l'outrage, sans connaître de grands succès de vente.
Le groupe et son avocat essaient de comprendre l'acharnement du ministère de l'intérieur. "La cour d'appel juge en fait et en droit, la Cour de cassation ne juge qu'en droit, rappelle Me Tricaud. Or, dans ce dossier, il n'y a aucun élément de droit en jeu. A priori, la cassation est impossible." "Est-ce la pression des syndicats de police ? La crainte de voir émerger une jurisprudence favorable au rap ? La volonté de nous épuiser économiquement ?" s'interroge Hamé. "Lors du procès de Charlie Hebdo, Sarkozy a dit qu'il préférait un excès de caricature à un excès de censure. Il prouve avec nous le contraire depuis cinq ans."
LES ÉMEUTES DE 2005
Mode d'expression privilégié de la culture suburbaine, le rap français s'est retrouvé plus d'une fois devant les tribunaux. Les émeutes de 2005 ont aussi eu pour effet de stigmatiser cette musique. Le député UMP François Grosdidier a été à l'origine d'une lettre signée par 153 députés et 49 sénateurs, adressée au garde des sceaux et réclamant des poursuites à l'encontre de 7 groupes.
Pour Ekoué, de La Rumeur, "cette propagande anti-rap ne repose sur rien à part la détestation d'une certaine jeunesse et une façon de détourner le débat des vrais problèmes". Comme le constate Me Tricaud, également avocat de Sniper, Monsieur R. et Alibi Montana, chacune de ces poursuites a été suivie d'une relaxe.
Les tribunaux insistant sur la dimension symbolique du rap qui, comme le signifiait en décembre 2005 la cour d'appel de Rouen à l'égard de Sniper, "ne reste avant tout qu'un mode d'expression utilisé par l'auteur pour exprimer la désolation et le mal de vivre des jeunes de banlieues". Stéphane Davet
Dernière édition par le Sam 9 Juin - 15:31, édité 1 fois |
|  | | krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
| Sujet: Re: Le procès d'hamé, Troisieme Volet Sam 9 Juin - 15:29 | |
| Resumé des episodes préscedants.
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Rumeur
| Citation: | La Rumeur en procès
Après la publication d'un article, en 2002, dans le fanzine vendu avec leur album L'Ombre sur la mesure contenant ceci : «les rapports du Ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété», le Ministère de l’Intérieur (alors dirigé, depuis mai 2002, par Nicolas Sarkozy) décide de porter plainte en juillet 2002. Les autres propos incriminés, présent dans l'article « Insécurité sous la plume d’un barbare » (in La Rumeur Magazine n°1, 29 avril 2002) signé par Hamé, sont:
« (...) au travers d’organisations comme SOS racisme, crée de toutes pièces par le pouvoir PS de l’époque pour contribuer à désamorcer le radicalisme des revendications de la Marche des beurs : l’égalité des droits devient l’égalité devant l’entrée des boîtes de nuit. La justice pour les jeunes assassinés par la police disparaît sous le colosse slogan médiatique "Touche pas à mon pote !" ou "Vive le métissage des couleurs !", etc. »
« Aux humiliés l’humilité et la honte, aux puissants le soin de bâtir des grilles de lecture. A l’exacte opposée des manipulations affleure la dure réalité. Et elle a le cuir épais. La réalité est que vivre aujourd’hui dans nos quartiers c’est avoir plus de chance de vivre des situations d’abandon économique, de fragilisation psychologique, de discrimination à l’embauche, de précarité du logement, d’humiliations policières régulières, d’instruction bâclée, d’expérience carcérale, d’absence d’horizon, de repli individualiste cadenassé, de tentation à la débrouille illicite… c’est se rapprocher de la prison ou de la mort un peu plus vite que les autres… »
Après leur assignation à comparaître au tribunal de grande instance (TGI) pour « diffamation publique envers la police nationale », La Rumeur se sépare de la multinationale du disque EMI (groupe Virgin) qui devient dès lors uniquement distributeur des productions du label La Rumeur Records. Le verdict du procès est rendu le 17 décembre 2004. Soulignons qu'en novembre 2004, lorsque le parquet présente son réquisitoire, il se montre très mesuré; Nicolas Sarkozy a été remplacé par Dominique de Villepin. L'auteur de l'article, Hamé, est relaxé. Le parquet a en effet estimé que les propos figurant dans cet article relevaient de la "liberté d'expression", poursuivant de la sorte : «replacés dans leur contexte, ces propos ne constituent qu'une critique des comportements abusifs, susceptibles d'être reprochés sur les 50 dernières années aux forces de police à l'occasion d'événements pris dans leur globalité». En première instance, l'historien de la police Maurice Rajsfus avait rappelé que, dans le cas du massacre du 17 octobre 1961, il y a de manière avérée homicides volontaires avec préméditation.
Néanmoins, le procureur de la République fait appel en avril 2005 contre ce jugement (Villepin est toujours aux commandes du ministère de l'intérieur). Dominique Tricaud, l'avocat de La Rumeur, interpelle les juges: « sachez que votre décision sera politique… plutôt sarkozyste, ou plutôt villepiniste ». On les interroge sur le climat de l'époque; Ekoué parle d' "hystérie sécuritaire" (dans les mois précédant l'élection présidentielle ayant mené Le Pen au deuxième tour). Le climat, néanmoins, a changé, notamment après les plaintes déposées contre plusieurs groupes de rap par le député UMP François Grosdidier. Le juge interroge donc les parties incriminées: « Le jeune qui lit votre article, que va-t-il penser de la police, quelle image va-t-il en avoir ? » La Rumeur répond qu'ils ne sont pas seulement écouté par des "jeunes", et, reprenant, consciemment ou non, les arguments de la Kabbale cités par l'écrivain argentin Jorge Luis Borges, Hamé déclare: « quand on chante une chanson devant 500 personnes, on écrit 500 chansons, chacun retenant ce qu’il veut retenir » (la Kabbale affirmait qu'il y avait une Bible pour chaque lecteur). En défense de la liberté d'expression et de la liberté artistique, il souligne que « Ce n’est pas l’art qui fait l’histoire. (…) Ce qui est générateur de violence, ce n’est pas mon article : la violence existe ». Il évoque aussi ces « trois ou quatre générations » que chacun a l’occasion de côtoyer dans les quartiers populaires, et qui toutes portent leur « lot d’histoires individuelles et collectives sur [leurs] rapports avec la police » : « grands-pères, pères, grands frères, petits frères », depuis les ratonnades des années 1960 (avec pour paroxysme le 17 octobre 1961), jusqu’au 27 octobre 2005, en passant par les « étés meurtriers » du début des années 1980. « Nous sommes dépositaires, héritiers involontaires de ce rapport avec la police, qui ensanglante l’imaginaire des quartiers ».
Enfin, D. Tricaud, l'avocat, revient sur la dimension collective des écrits incriminés, déclarant n’avoir « pas le sentiment de soutenir une thèse marginale », et convoque non seulement des propos de Saïd Bouamama et Pierre Tévanian (tous deux témoins en première instance), mais aussi la Commission nationale consultative des droits de l'homme, Amnesty International, une circulaire d’un préfet de police, et encore d’autres textes où figurent substantiellement les mêmes propos que ceux incriminés. « Que fait le parquet ? Il faut les punir ! Nous ne sommes pas seuls dans le box des accusés ! », assène-t-il ironiquement. D’ailleurs, juste derrière le box des accusés, parmi le public, le Mouvement de l'immigration et des banlieues, le collectif « Résistons ensemble contre les violences policières et sécuritaires », ou encore le collectif « A toutes les victimes des révoltes de novembre 2005 » sont présents.
Dans les premières minutes du procès, quand ce fut au tour de D. Tricaud de poser des questions à son client, il interrogea Hamé : « pouvez-vous nous donner des exemples de personnes tuées par la police ? ». Hamé prononça alors, droit et face aux juges, une liste d'une vingtaine de noms: « Malik Oussekine ; Makomé (tué le 6 avril 1994, «une balle dans la tête à bout touchant alors qu'il était interrogé, menotté, au commissariat des Grandes Carrières», dans le 18e arrondissement de Paris, selon Maurice Rajsfus) ; Abdelkader Bouziane … »
Le ministère de l'intérieur fait appel de la décision du 17 décembre 2004 qui relaxe Hamé. Il comparaît devant la cour d'appel le 11 mai 2006 avant d'être relaxé le jeudi 22 juin 2006. Après ces deux jugements, le ministère de l'intérieur s'est pourvu en cassation. |
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|  | | Erwann Bleu Administrateur

Inscrit le : 09 Sep 2005 Messages : 910 Localisation : Reims
| Sujet: Re: Le procès d'hamé, Troisieme Volet Dim 10 Juin - 8:27 | |
| Vais aller acheter leur CD du coup. C'est bizarre, Le monde dit que le jugement sera rendu le 13 alors que sur le site de La Rumeur, ils indiquent que ce sera le 12 :
| Citation: | C'est le mardi 12 juin que la Cour de Cassation se prononcera dans l'affaire qui oppose le ministère de l'Intérieur à Hamé. L'arrêt de la plus haute juridiction, qui sera rendu le lendemain de l'audience, marquera ainsi, soit la fin définitive d'un long duel procédural, soit l'ouverture d'un nouveau chapitre.
C'est en effet après la diffusion gratuite du fanzine La Rumeur Magazine en 2002 que le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, avait déposé plainte contre Hamé pour diffamation envers la police nationale, dans son article intitulé "Insécurité sous la plume d'un barbare". En décembre 2004, la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris relaxe Hamé. Le ministère de l'Intérieur interjette appel de cette décision dans la foulée. Enfin, en juin 2006, la Cour d'appel confirme la relaxe. Nicolas Sarkozy se pourvoie alors en cassation.
Cinq ans de procédure, et 15 000 euros de frais de justice plus loin, l'affaire reste à suivre. |
_________________ Nous on reste à crier Que ça nous blesse Que l'infiniment grand petit ici on déteste A mettre au feu Ta gentillesse A dépolir le vert qui coule de tes yeux |
|  | | krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
| Sujet: Re: Le procès d'hamé, Troisieme Volet Dim 10 Juin - 12:19 | |
| | Rien que pour 'un chien dans la tête' cet album devrait être remboursé par la securité sociale. |
|  | | krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
| Sujet: Re: Le procès d'hamé, Troisieme Volet Mar 12 Juin - 11:16 | |
| Un portrait dans libé.
Portraits Tous coupables Ekoué et Hamé, 32 et 31 ans. Les deux rappeurs de La Rumeur ont transformé ... Par STEPHANIE BINET QUOTIDIEN : mardi 12 juin 2007 0 réaction L’affiche ferait rêver n’importe quel directeur de marketing d’une major : La Rumeur, groupe de rap versus Nicolas Sarkozy, président fraîchement élu de la République française. Un petit procès (aujourd’hui en cassation après deux relaxes) pour relancer les ventes, pour gagner sa place sur l’autel des martyrs de la censure. En juillet 2002, lorsque la plainte a été déposée par le ministre de l’Intérieur,Au départ, l’affaire n’avait pourtant rien d’affriolant. La routine. NTM, Minister Amer et Sniper étaient déjà passés par là. Même Hamé de La Rumeur reconnaît : «Il y a une tendance chez certains rappeurs à vouloir sa petite plainte, son petit scandale sur la base généralement de flopées d’insultes, de slogans aussi crus que creux. Si j’avais absolument voulu attirer les foudres de la censure, je n’aurais pas pris la peine d’écrire un article de trois pages, j’aurais juste éructé un truc sur un disque.» La Rumeur n’est pas un groupe de rap comme les autres. «C’est le groupe de rap le plus structuré intellectuellement que j’ai eu à défendre. D’une intelligence exceptionnelle», s’enflamme Dominique Tricaud, leur avocat, qui œuvre aussi pour SOS Racisme, avant d’ajouter : «Cela dit, ils sont aussi atrocement casse-couilles. Ils ont chipoté pendant des heures et des jours pour savoir si oui ou non j’étais un vendu.» Constitué de quatre rappeurs et de deux DJ, La Rumeur refuse de promouvoir ses disques par les réseaux habituels : la radio Skyrock et la presse spécialisée qu’ils accusent de niveler le rap par le bas. Le groupe s’appuie sur les concerts et sur un fanzinequi ont accompagné la sortie de leurs deux premiers disques, L’ombre sur la Mesure et Regain de Tension . En 2002, une première plainte est déposée contre un article d’Ekoué, une charge violente contre Skyrock, mais le parquet ne poursuit pas. En revanche, un autre C’est un article d’Hamé, «L’insécurité sous la plume d’un barbare», qui attire l’attention du ministre de l’Intérieur. Sarkozy reproche à trois passages de ce pamphlet de «porter atteinte à l’honneur et à la considération de la police nationale». Dans le texte, Hamé écrit : «Les rapports du ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété.» Lors de la première audience a lieu à l’automne 2004, Hamé refuse la «petite» stratégie de défense de sa maison de disques de l’époque, EMI, qui invoque la liberté d’expression. Lui veut assumer la dimension politique de l’affaire, prouver que ses écrits sont fondés . «Quand la juge a demandé à Hamé : C’est qui ‘nos frères’? , se rappelle leur avocat, il s’est raidi, s’est presque mis au garde à vous et a cité 30 noms de victimes de bavures policières . » «Avec ce procès, commente Zohra, la sœur aînée d’Hamé, j’ai réalisé à quel point mon frère avait été touché par les souffrances de nos parents. je me suis rappelé de son coup de fil le jour où, étudiant à Nanterre, il a appris par hasard ce qui s’était passé le 17 octobre 1961. Il était sous le choc.» C’est Ekoué qui est choisi pour accompagner Hamé sur les plateaux télé et pour témoigner au procès : «Ils sont très complémentaires, commentent Philippe et Mourad, les deux autres rappeurs du groupe. Hamé argumente, développe avec des belles phrases référencées. Ekoué, lui, dégrossit, synthétise avec une punch line. » «Ils ont beaucoup d’admiration l’un pour l’autre , résume Serge Teyssot Gay du groupe Noir Désir qui intervient sur leurs albums. Les deux quasi «frères jumeaux» sont issus de deux immigrations différentes. L’une intellectuelle qui fuit la dictature au Togo, l’autre économique qui veut échapper à la misère en Algérie. Le père d’Ekoué est diplômé de sup de co, thésard et commissaire aux comptes: «Mais noir, précise le fils. I l ne vivait qu’avec deux clients, alors qu’avec ses diplômes, il aurait pu gagner plus. C’est comme ça que ma conscience politique est née, en plus des vacances au Togo, où il ne fallait jamais parler du Président, où moi on m’appelait yovo, petit blanc , où l’on me faisait comprendre que je n’étais qu’un petit-bourgeois occidental.» Le père d’Hamé est berger quand il quitte l’Algérie encore française pour s’installer dans la région de Perpignan, où il devient ouvrier agricole. Dans les années 50, il faut parfois se cacher la nuit dans les champs pour échapper aux ratonnades dans les dortoirs des exploitants. Issu du mariage «à l’ancienne» de son père avec une jeune femme de vingt-cinq ans sa cadette, Mohamed-Hamé est élevé par ses sœurs aînées. Ses bulletins scolaires sont très bons, mais il contrefait quand même la signature de son père illettré : «Ce qui est fondateur chez Hamé, affirme Tricaud, c’est la honte d’avoir eu honte de son père arabe analphabète, c’est de cette honte qu’il essaie de se racheter.» Ekoué, aussi, a eu honte d’avoir contraint ses parents à casser leur tirelire pour le remettre dans le droit chemin. A 15 ans, il est viré de son collège pour avoir enfermé son prof de musique dans un local d’instruments. Ce dernier aurait qualifié le jeu de flûte «de [son] pote Nasser de travail d’arabe ». Ce dernier aurait qualifié le jeu de flûte «de son pote Nasser de travail d’arabe. » Sa mère, employée de bureau, et son père piochent dans leurs économies pour envoyer le petit dernier, le seul garçon d’une fratrie de quatre, dans une école privée à Paris. Tous les deux n’ont en tout cas pas grandi dans les grands ensembles urbains autour de Paris. Pour Ekoué, c’est la ville nouvelle d’Elancourt (Yvelines) avec «au bas des petits immeubles, des cours de tennis». Joueur classé, il se verra remettre un trophée par Yannick Noah, à 12 ans. Pour Hamé, c’est une petite bourgade près de Perpignan, «Mississippi Burning», dit-il. Avec ses six frères et sœurs, ils sont quasiment la seule famille algérienne au milieu de pieds-noirs. A 14 ans, Ekoué et Hamé découvrent le rap, Frantz Fanon (psychiatre et écrivain martiniquais qui a travaillé sur les conséquences de la colonisation sur l’individu) qui s’est engagé en Algérie, quittent leurs parents à 17 ans pour s’installer définitivement à Paris. Ils se rencontrent dans un concert et forment La Rumeur. Ekoué obtient une maîtrise de sciences politiques, poursuit actuellement un DEA en droit public, et voudrait terminer par une thèse sur les relations internationales, toujours troublé par le tabou qui «entoure les relations qu’entretient la France avec les pays d’immigration», thème absent de la campagne présidentielle, dit-il, et raison pour laquelle il n’a pas voté. Hamé, lui, s’est rendu aux urnes «parce que la détestation du nabot était trop forte», mais quittera la France à la rentrée, pour une année d’étude à New York. Détenteur d’un DEA en audiovisuel et en sociologie des médias, le rappeur suivra les cours du département cinéma de l’université NYU. Avec leur label, La Rumeur Records, qu’ils gèrent eux-mêmes, ils veulent aussi sortir des films après leurs trois disques. Eux qui vivent de leur rap et habitent aujourd’hui avec leurs petites amies (à Montmartre pour Ekoué, en banlieue pour Hamé) pourraient être fiers de leur parcours, mais en tirent obstinément de la culpabilité. Hamé : «Mon père, à 9 ans, broutait la même herbe que ses bêtes pour manger. En une génération, on est passé de la condition humaine la plus basseà l’opportunité de faire des disques ou d’avoir accès à une université en troisième cycle. Cette culpabilité est un peu difficile à démêler, mais c’est aussi un moteur. Ce que nous avons acquis par l’instruction, par les diplômes, nous le dédions à tous ces efforts, à ces vies de labeur qui nous ont portés.» Quitte à s’en expliquer dans un tribunal. photo Jérôme Bonnet La Rumeur en 7 dates 19 avril 1975 Ekoué Labitey naît à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise). 27 septembre 1975 Mohamed Bourokba dit Hamé naît à Perpignan. Juillet 1994 Ils se rencontrent 23 avril 2002 Premier albumde La Rumeur,, l’Ombre sur la mesure. Juillet 2002 Nicolas Sarkozy porte plainte contre Hamé pour diffamation contrepublique envers la police nationale. Octobre 2004 Regain de tension. Avril 2007 Du cœur à l’outrage. 12 juin 2007 Procès en cassation. |
|  | | krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
| Sujet: Re: Le procès d'hamé, Troisieme Volet Mer 13 Juin - 10:56 | |
| | Citation: | | Après un nouveau report, c'est le mardi 26 juin que la Cour de Cassation se prononcera dans l'affaire qui oppose le ministère de l'Intérieur à Hamé. |
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|  | | Erwann Bleu Administrateur

Inscrit le : 09 Sep 2005 Messages : 910 Localisation : Reims
| Sujet: Re: Le procès d'hamé, Troisieme Volet Mer 13 Juin - 12:32 | |
| Héhé, je suis plutôt curieux d'entendre le verdict ^^ _________________ Nous on reste à crier Que ça nous blesse Que l'infiniment grand petit ici on déteste A mettre au feu Ta gentillesse A dépolir le vert qui coule de tes yeux |
|  | | Erwann Bleu Administrateur

Inscrit le : 09 Sep 2005 Messages : 910 Localisation : Reims
| Sujet: Re: Le procès d'hamé, Troisieme Volet Mer 13 Juin - 20:06 | |
| L'article de Hamé est dispo ici (en rtf) : http://www.darksite.ch/consensus/n2/barbare.rtf _________________ Nous on reste à crier Que ça nous blesse Que l'infiniment grand petit ici on déteste A mettre au feu Ta gentillesse A dépolir le vert qui coule de tes yeux |
|  | | krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
| Sujet: Re: Le procès d'hamé, Troisieme Volet Mar 26 Juin - 15:33 | |
| | Citation: | Grosdidier (UMP): "C’est une incitation à la violence et à la haine" Par Julien Martin (Rue89) 13H30 26/06/2007
Député UMP de Moselle, François Grosdidier avait lui aussi voulu envoyer des rappeurs devant les tribunaux en 2005. A la tête d’un groupe de 202 parlementaires, il entendait les faire condamner pour "incitation à la haine raciale et républicaine". En vain. L’élu attend maintenant une que le rappeur de La Rumeur soit sanctionné.
Souhaitez-vous que la Cour de cassation casse l’arrêt de relaxe? Tout à fait, le législateur a bien légiféré, mais les tribunaux ont jusqu’à présent une vraie réticence à condamner les minorités pour racisme. La Cour de cassation ayant en revanche déjà permis la condamnation de Dieudonné [en 2007 dans l’affaire Lyon Capitale, ndlr], j’espère que ce sera la même chose pour La Rumeur.
Mais il s’agit ici d’incitation à la violence et non à la haine raciale... C’est une incitation à la violence et à la haine en général. Et comme c’est une diffamation, la loi de 1881 doit donc s’appliquer. Expliquer que tous les policiers sont des assassins, c’est comme dire que tous les arabes et les noirs sont des voleurs. C’est inacceptable dans une société fondée sur les droits de l’homme.
Cette action judiciaire s’inscrit-elle dans la lignée de celle engagée en 2005? Exactement, même si à l’époque nous avions uniquement sollicité le Garde des Sceaux, qui n’avait pas pu engager de poursuites car les faits étaient prescrits. Mais je souhaite que l’on condamne de la même façon toutes les formes de haine et de violence à l’encontre de toutes les personnes. |
"Incitation au Racisme" ? Monsieur Grosdidier soit ne considère pas que l'on puisse faire parti à la fois parti d'une minorité éthnique et de la police nationale, soit n'a pas la moindre idée de quoi il est un train de parler.
Hamé ne dit pas que les policiers ont tout des assassins, il dit précisment ce que disait Renaud, Que lorsque un meutre, ou un assassinat est commis par un policier "au nom de l'ordre", le discrédit n'est pas jeter sur la communauté, par volonté et pression des institutions. Contrairement à ce qui se passe quand par exemple Dieudonné raconte une connerie, ou c'est forcément la faute d'Hamé. |
|  | | krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
| Sujet: Re: Le procès d'hamé, Troisieme Volet Mar 26 Juin - 23:35 | |
| | Citation: | Dépêche AFP parue le 26 juin 2007
L'avocat général de la Cour de cassation, Jacques Mouton, a estimé mardi que la relaxe dont avait bénéficié en appel l'un des rappeurs du groupe "La Rumeur", Hamé, poursuivi par le ministère de l'Intérieur, était injustifiée et a demandé que cette décision soit cassée.
La chambre criminelle de la Cour de cassation, présidée par Bruno Cotte, rendra sa décision le 11 juillet.
Le 23 juin 2006, la 11e chambre de la cour d'appel de Paris avait confirmé la relaxe prononcée par le tribunal correctionnel en faveur d'Hamé, poursuivi pour des propos publiés en avril 2002 dans un fanzine accompagnant la sortie d'un album de son groupe, à une époque où Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur.
"Les rapports du ministère de l'Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu'aucun des assassins n'ait été inquiété", avait notamment écrit Mohamed Bourokba, dit Hamé.
L'avocat général Jacques Mouton a estimé, contrairement à la cour d'appel, que les propos du rappeur contenaient "bien des faits précis et déterminés de nature à porter atteinte à l'honneur et à la considération de la police nationale".
Devant le tribunal puis devant la cour d'appel, et encore devant la Cour de cassation par la voix de son avocate, Me Claire Waquet, le rappeur a expliqué que ces propos se référaient aux victimes du 17 octobre 1961 (manifestation d'Algériens violemment réprimée à Paris, ndlr) en passant par le décès emblématique de Malik Oussékine en 1986 jusqu'à des bavures plus récentes.
Me Waquet a appelé les hauts magistrats de la chambre criminelle de la Cour de cassation à voir dans le texte du jeune rappeur une "opinion politique, sociale, digne d'être discutée".
Elle a par ailleurs estimé que ses propos avaient été sortis de leur contexte ou dénaturés par le procureur général de la cour d'appel dans le mémoire appuyant le pourvoi qu'il a déposé devant la haute juridiction.
"On a mené une politique d'écrabouillement de ces quartiers (ndlr : de banlieue) et on ne veut pas en parler, c'est cela que dénonce l'article", a-t-elle insisté, demandant le rejet du pourvoi du parquet général.
"J'entends le devoir de mémoire mais cela n'autorise pas tout. Je pense donc qu'il y a matière à condamner du chef de diffamation envers une administration publique", a répondu M. Mouton.
Avant l'audience, mardi matin, sur France Inter, Hamé avait qualifié cette procédure d'"acharnement manifeste".
Il formulait deux hypothèses pour en expliquer les motivations: volonté de "censurer toute expression critique ou contestataire qui émanerait des quartiers ou d'expériences culturelles, artistiques, issues des quartiers", et, sur le plan judiciaire, "de ne surtout pas laisser aboutir une sorte de jurisprudence qui serait favorable, non seulement au rap" mais aussi aux associations qui dénoncent les bavures policières. |
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|  | | Erwann Bleu Administrateur

Inscrit le : 09 Sep 2005 Messages : 910 Localisation : Reims
| Sujet: Re: Le procès d'hamé, Troisieme Volet Mer 27 Juin - 8:41 | |
| Putain mais c'est dingue de s'acharner comme ça ! _________________ Nous on reste à crier Que ça nous blesse Que l'infiniment grand petit ici on déteste A mettre au feu Ta gentillesse A dépolir le vert qui coule de tes yeux |
|  | | Erwann Bleu Administrateur

Inscrit le : 09 Sep 2005 Messages : 910 Localisation : Reims
| Sujet: Re: Le procès d'hamé, Troisieme Volet Mer 27 Juin - 9:53 | |
| Pour info, j'avais déjà posté qu'un projet de loi pour la reconnaissance de la répression sanglante de 1961 avait été déposé en... octobre 2006 (je ne sais pas ce qu'il est devenu ni où il en est actuellement, car je ne trouve pas cette fonction sur le site du Sénat) : http://www.senat.fr/leg/ppl06-019.html
Il est curieux que personne n'y fasse référence. _________________ Nous on reste à crier Que ça nous blesse Que l'infiniment grand petit ici on déteste A mettre au feu Ta gentillesse A dépolir le vert qui coule de tes yeux |
|  | | krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
| Sujet: Re: Le procès d'hamé, Troisieme Volet Mer 27 Juin - 10:50 | |
| Ca n'a pas l'air d'avoir jamais été à l'ordre du jour, faux croire qu'il ne sont pas lourd en fevrier à se souvenir de charone... En fait je ne sais pas vraiment comment est défini l'ordre du jour d'une séance, j'ai pas l'impression que ce soit chronologique. Je me demande si cela n'est pas le président du sénat qui décide, du sujet et les sénateur demande la parole avant, pour determiner combien de séances il va faloir. Mais alors en fonction de quoi ? De la lecture de l'écho ? Il y a des éléments qui m'échappe.
Quesqu'un projet de loi, une proposition de loi, une resolution, un avis ?
Je crois me souvenir que l'assemblée fait de propoposition de loi que le senat doit voter. |
|  | | krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
| Sujet: Re: Le procès d'hamé, Troisieme Volet Mer 11 Juil - 16:43 | |
| | Citation: | "La Rumeur": cassation de la décision de relaxe
AP | 11.07.2007 | 15:59
La Cour de cassation a annulé mercredi la décision de relaxe dont avait bénéficié l'un des chanteurs du groupe de rap "La Rumeur", poursuivi pour diffamation de la police nationale par le ministère de l'Intérieur.
L'affaire a été renvoyée devant la cour d'appel de Versailles. La décision est conforme aux conclusions de l'avocat général.
En 2002, l'occupant de la place Beauvau avait porté plainte pour "diffamation publique envers une administration publique" contre Mohamed Bourokba, l'un des chanteurs de ce groupe. Dans le fanzine accompagnant la sortie de leur album, il avait mis en cause les forces de l'ordre.
"Les rapports du ministre de l'Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu'aucun des assassins n'ait été inquiété", écrivait-il.
Autre propos poursuivi: "La réalité est que vivre aujourd'hui dans nos quartiers, c'est avoir plus de chance de vivre des situations d'abandon économique, de discrimination d'embauche, de précarité du logement, d'humiliations policières régulières".
"Aujourd'hui, le fait de dénoncer toutes les souffrances qui existent est également poursuivi", a estimé Me Dominique Tricaud, avocat du chanteur qui juge cette décision inquiétante pour la liberté d'expression.
En décembre 2004, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris avait relaxé le chanteur, estimant que ses propos relevaient de la liberté d'expression et non de la diffamation. Décision confirmée en juin 2006 par la 11e chambre de la cour d'appel de Paris.
Mercredi, la Cour de cassation a estimé au contraire que ce propos constituait une diffamation "ne pouvant être justifiée par le caractère outrancier du propos, l'imputation faite aux forces de l'ordre de police de la commission, en toute impunité, de centaines de meurtres de jeunes des banlieues". AP |
Ca veux dire qu'il va y avoir une nouvel serie de procès. Et vraissemblablement qu'hamé, ne va pas obtenir de visa, pour son année d'étude. |
|  | | Erwann Bleu Administrateur

Inscrit le : 09 Sep 2005 Messages : 910 Localisation : Reims
| Sujet: Re: Le procès d'hamé, Troisieme Volet Mer 11 Juil - 20:13 | |
| Ils cherchent à les casser financièrement ? _________________ Nous on reste à crier Que ça nous blesse Que l'infiniment grand petit ici on déteste A mettre au feu Ta gentillesse A dépolir le vert qui coule de tes yeux |
|  | | | Le procès d'hamé, Troisieme Volet | |
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