| | ce n est pas moi qui clame (par tof) | |
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krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
| Sujet: Re: ce n est pas moi qui clame (par tof) Jeu 23 Aoû - 19:47 | |
| Un enregistrement par Serge Teyssot-Gay et Denis Lavant, ainsi qu'un recueil de texte dans une nouvelle traduction de Kristina Rady devrait sortir début 2008. A priori, il ne devrait pas s'agir de la session de Reims de décembre 2005, Mais d'un enregistrement studio de décembre 2006.
En ce qui concerne l'emisson de radio, J'en ai une version assez pourri... Du streaming récuperé, donc en mono à faible taux de compression. Et reconverti en MP3 en un seul bloc d'une heure et demi.
Ca te tente quand même ? |
|  | | el_nino
Inscrit le : 24 Aoû 2007 Messages : 2
| Sujet: Re: ce n est pas moi qui clame (par tof) Ven 24 Aoû - 0:28 | |
| Oui, cela me fera patienter ! Merci  |
|  | | krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
| Sujet: Re: ce n est pas moi qui clame (par tof) Ven 24 Aoû - 18:10 | |
| Il a fallu que je remette la main dessus... L'Upload est en cours. Heu... T'es Donquichotte ? |
|  | | krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
| |  | | donquichotte
Inscrit le : 23 Aoû 2007 Messages : 9
| Sujet: Ce n'est pas moi qui clame Dim 26 Aoû - 21:28 | |
| Merci beaucoup pour cet up  |
|  | | donquichotte
Inscrit le : 23 Aoû 2007 Messages : 9
| Sujet: Re: ce n est pas moi qui clame (par tof) Dim 26 Aoû - 21:29 | |
| Je ne suis pas el nino mais si cela l'interesse!!  |
|  | | krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
| Sujet: Re: ce n est pas moi qui clame (par tof) Dim 26 Aoû - 21:43 | |
| Pas de problème avec cela...
(Par contre, si vous pouviez juste éviter la profusion de smileys. Ce topic n'en a pas l'air comme cela, mais c'est du trois ans d'âge. ) |
|  | | krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
| Sujet: Re: ce n est pas moi qui clame (par tof) Ven 26 Oct - 14:28 | |
| | Citation: | Attila József - A coeur pur avec Denis Lavant et Serge Teyssot-Gay
Lecture musicale avec Denis Lavant et Serge Teyssot-Gay, décors de Franyo Aatoth, scénographie d’Yves Collet, sonorisé par Philipe Andlauer, mise en espace par Kristina Rady. Un spectacle créé au festival Scène ouverte 2005, et repris au festival des Vieilles Charrues. A l’affiche à l’Aéronef de Lille au printemps 2007. Que d’hommes singuliers: Denis Lavant, comédien, Serge Teyssot-Gay, guitariste de Noir Désir se réunissent autour des textes d’Attila József, poète hongrois et universel. Avec, sur bande, trois voix puissantes : celle de Zsolt Nagy, jeune mais déjà immense comédien hongrois de la Compagnie Krétakör, un morceau composé sur le poète de Dick Annegarn et la voix profonde et chamane de Bertrand Cantat en clôture de la soirée, une improvisation sur le poème “Ce n’est pas moi qui clame, c’est la terre qui tonne” d’Attila József, tirée de l’ultime album live de Noir Désir. Trois fresques de Franyo Aatoth, inspirées par et conçues pour cette soirée musique poésie proposée et mise en espace par Kristina Ràdy. Fils d’une blanchisseuse et d’un ouvrier savonnier, Attila József tient rang, aux côtés de Lorca, de Rilke, de Pessoa et d’Apollinaire, parmi les premiers plus grands poètes du XXe siècle. Ce qui ne l’empêche pas d’être royalement ignoré des lecteurs de langue française; malgré une oeuvre - précoce mais brève de quinze ans – d’une séduction et d’une spontanéité inouïes, placée toute sous le signe d’une insurrection centrale contre la laideur du monde, soulevée de bout en bout par une force noire, sauvage. Le poète au prénom barbare, “né avec un couteau entre les mains”, ne sait pas se servir de ses armes, sinon contre lui-même. Après une vie de lutte à corps perdu contre tout ce qu’un train de marchandises peut véhiculer, le poète se rend à trente-deux ans, et va trouver la mort au-devant d’un train, en s’inclinant, paraît-il, sous les roues comme en priant. Bouleversé par la disparition du génie, Arthur Koestler écrit quelques jours plus tard, en décembre 1937: “... Attila József fut considéré comme un grand poète dès l’âge de 17 ans, nous savions tous qu’il était un génie et pourtant, nous l’avons laissé s’effondrer devant nos yeux... Je parle de cette affaire, parce qu’elle est caractéristique de par son acuité. Elle s’est passée en cette Hongrie “exotique”, au milieu de ce petit peuple qui est le seul à avoir aucun parent de langue en Europe et qui se trouve ainsi le plus solitaire sur ce continent. Cette solitude exceptionnelle explique peut-être l’intensité singulière de son existence... et la fréquence avec laquelle ce peuple produit de tels génies sauvages. Pareils à des obus, ils explosent à l’horizon restreint du peuple, et puis on ramasse leurs éclats...Ses véritables génies...naissent sourds-muets pour le reste du monde. Voilà pourquoi c’est à peine si j’ose affirmer...que cet Attila József dont le monde... ne va pas entendre beaucoup parler...fut le plus grand poète lyrique d’Europe. C’est un stupide sentiment du devoir qui m’oblige à déclarer cette mienne conviction, bien que cela ne profite à personne. Cela n’arrêtera pas le train non plus.” Kristina Rady |
| Citation: | --Les poèmes d'Attila József seront lancés, demain lundi, sur la scène du TNBA, à Bordeaux. Mis en paroles par Denis Lavant, en musique par Serge Teyssot-Gay et en ?uvre par Kristina Rady
Mots d'outre-temps :Jean-Luc Éluard
Pour Kristina Rady, c'est comme un vieux compte à régler avec Attila József. Un compte ouvert dès sa jeunesse hongroise. « Il me dérangeait lorsque j'étais petite, il me faisait mal lorsque j'étais ado. Il me sortait par les yeux ensuite à cause de tout ce qu'on disait autour de sa poésie. Et puis je suis tombée dessus au bac. À Budapest, j'habitais la rue Attila-József. Puis, pas loin de la maison de la poésie qui portait son nom? » Un chassé-croisé d'amour-haine où Attila József, qui se donne la mort en 1937 à 32 ans, poursuit même ses contempteurs de sa stature. Mais une présence inévitable en Hongrie, où il est un monument littéraire, un poète incontournable, récupéré par le pouvoir communiste puis par ses successeurs. Une Oeuvre brève dans la durée mais condensée, « un poète universel mais peu connu ailleurs qu'en Hongrie parce qu'il a écrit dans une langue que personne ne parle. » Mal du pays ou rédemption, Kristina Rady redécouvre son involontaire poursuivant alors qu'elle est directrice du centre culturel hongrois de Paris, où un ancien camarade de lycée vient lui présenter une traduction de l'homme au prénom de conquérant : « J'ai trouvé ça très beau. Peut-être que je voulais me racheter de tous les sentiments négatifs que j'ai pu avoir pour lui entre 2 et 22 ans? » Ce rachat, elle l'obtient avec le spectacle monté en 2005 à la Comédie de Reims, avec Denis Lavant en héraut des écrits du poète et Serge Teyssot-Gay en ombre musicale. L'acteur fétiche de Léos Carax et le guitariste de Noir Désir sont des évidences pour Kristina Rady, qui prend en charge la mise en espace de ces textes. « Denis et Serge ne se connaissaient pas, ni ne connaissaient leurs oeuvres respectifs, ni celui d'Attila József. Mais quand je lisais les poèmes en français, ce sont eux qui me venaient à l'esprit. Parce que je crois que ce sont des personnages qui se seraient bien entendus. Serge a la simplicité et la profondeur qui conviennent. Denis est très méticuleux, très profond aussi. » Premiers pas de mise en scène et recadrage après discussion avec le metteur en scène bordelais Laurent Laffargue. Kristina Rady voulait quelque chose de grandiose et délirant, elle finit par choisir la simplicité comme une évidence : trois grands tableaux inspirés par les poèmes d'Attila József, quelques projecteurs « qui ressemblent à des extraterrestres comme on les imaginait avant-guerre », un minimum pour mieux faire sonner « une poésie rock où l'on demande aux gens d'écouter les mots ». Des mots qui l'ont torturée lorsqu'elle était enfant mais aussi lorsqu'elle a choisi de les retraduire pour le spectacle, sachant que l'on ne peut pas « rendre la même justesse, la même profondeur ». Cela repose désormais sur les épaules du duo Lavant-Teyssot-Gay.
« Attila József ». Au TNBA, square Jean-Vauthier, à Bordeaux, lundi 22 octobre. Complet. P Kristina Rady voulait quelque chose de grandiose et délirant, elle finit par choisir la simplicité comme une évidence
sud-ouest lundi 22 octobre 2007 |
| Citation: | sortir tnba
éclairs de guitare et sombre poésie
pour kristina rady, « les hongrois sont un peuple mélancolique, suicidaire. quand on entend du attila jozsef en hongrie, c'est toujours triste, dit à voix basse. on s'endort ». alors elle est partie sur son idée, différente, qui veut que le poète emblématique du 20° siècle hongrois « n'écrivait pas une poésie de la fatalité. c'est très noir mais il y a aussi beaucoup d'espoir ». denis lavant prête sa voix et son mouvement, ses « connaissances encyclopédiques » de la poésie aussi, aux textes d'attila jozsef, qui s'est suicidé sous un train en 1937, à l'âge de 32 ans. et serge teyssot-gay, guitariste de noir désir, éclairera ces sombres poésies des éclairs de sa guitare, dans une mise en scène que kristina rady a voulu sobre pour mieux faire sonner les mots de ce « poète rock ». crée à la comédie de reims en 2005, repris en 2006 aux « vieilles charrues », lieu incongru où « ça c'est vraiment bien passé », le spectacle a encore peu vécu avant de passer sur la scène du tnba où il conclut les « lettres du monde ». il fera par ailleurs l'objet d'un livre cd à paraître à la rentrée 2008.
au tnba lundi 22 octobre à 20 heures COMPLET |
| Citation: | sud-ouest mercredi 24 octobre 2007
sortir on y était par serge latapy
attila jozsef
une chanson de dick annegarn d'abord pour évoquer le destin d'attila jozsef, poète magyar au verbe bref et à la vie courte, génie méconnu remis en plein lumière et en espace par kristina rady. sur scène, trois toiles rouges d'inspiration futuriste : des contemporains de jozsef, comme maïakovski, avec qui il partage le même destin, romantique et suicidaire. mais pour le reste, la fumée et le jeu des projecteurs signalent que nous sommes dans un dispositif de récital rock. et ça tombe bien parce que le guitariste sur le plateau, serge tessot-gay, est un rockeur inspiré. présence posée et gestuelle féline, pieds nus sur des pédales d'effets, il installe ses ambiances, de basses bourdonnantes en phrases stridentes, de riffs sombres en samples entêtants, capables d'évoquer un improbable underground hongrois d'entre-deux-guerres, ou le chant des baleines remontant le danube, pourquoi pas. denis lavant, lui, s'est avancé vers on pupitre avec sa dégaine de chien mouillé, de clochard céleste. un premier poème tout en force ; un second à peine plus retenu et on comprend qu'il restera sur ce registre de prophète live, du dévoreur de micro. on devine que l'interprète est sincèrement porté par son sujet, qu'il veut convoquer les mânes des poètes maudits, toutes les « saison en enfer » et autres « chants de maldoror ». les cordes vocales tendues, une voix de survivant pour dire l'enfance tragique, le deuil de la mère, la révolte, la fin proche. un jeu à haut régime qu'on peut apprécier -de fait, beaucoup ne se priveront pas d'applaudir- mais qu'on trouvera ici sans nuances, comme affecté. bien sûr, lavant fait preuve de plus de sobriété lorsqu'il lit la prose autobiographique d'attila ; les cordes plus calmes du guitariste, ou les incursions d'une voix off en hongrois, tombent comme des respirations bienvenues. mais l'acteur n'arrive pas à renoncer à ce ton d'imprécateur, lyrique donc redondant, qui masque le texte qu'il était venu révéler. « ce n'est pas moi qui crie » rappelle jozsef. et une interprétation de poète par bertrand cantat, sur un live de « noir désir », résonne à la fin comme un dernier regret.
lundi dernier au tnba |
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|  | | krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
| Sujet: Re: ce n est pas moi qui clame (par tof) Lun 29 Oct - 11:06 | |
| http://www.lagriffe.org/images/archives/LaGriffe_195.pdf
Guitariste de Noir Désir, Serge Teyssot-Gay ne s’est jamais cantonné à ce poste aussi prestigieux et prenant soit-il. Il a régulièrement emprunté des chemins de traverse pour donner corps à ses propres projets. En 1995 sort son premier album Silence Radio, puis en 2000 On croit qu’on en est sortioù il intègre des textes du romancier Georges Hyvernaud. Une relation à la littérature qui s’est poursuivie avec Lydie Salvaire, Régis Jauffret… ou Attila Jozsef. Les textes de ce poète hongrois forment l’ossature du spectacle A cœur pur que Serge Teyssot-Gay a créé avec le comédien Denis Lavant. La représentation de celui-ci en avril dernier au festival Mythos à Rennes, nous a donné l’occasion de rencontrer ce singulier guitariste et d’évoquer ses autres projets actuellement en tournée : Zone Libre (avec les français Marc Sens et Cyril Bilbeaud) et Interzone (avec le syrien Khaled AlJaramani).
La Griffe : Comment s’est passée la rencontre avec Denis Lavant ?
Serge Teyssot-Gay : Je ne connaissais pas Denis. J’avais vu Mauvais Sang [long métrage de Léos Carax, NDLR] avec mes potes de Noir Désir, quand c’était sorti dans les années 1980, et j’avais juste un vague souvenir d’un passage du film où on entend une compo d’iggy Pop qui a été reprise par David Bowie…
« China Girl » ?
Ouais, je crois que c’estça. La version d’iggy Pop est absolument démente. J’avais donc ça en mémoire, uniquement. Denis ne connaissait pas non plus Noir Désir, il n’avait jamais écouté. C’est une rencontre très neutre, qui s’est faite comme ça. On s’est simplement mis au boulot, les correspondances se font ou pas, il se trouve qu’avec Denis ça s’est fait directement.
Humainement aussi ?
On apprend à se connaître, tout doucement. On ne se connaît pas encore vraiment bien mais… Ces choses ne sont pas forcément rationnelles en fait… Comme la rencontre avec Khaled [AlJaramani, son complice d’Interzone]. Quand on s’est rencontré, on s’est en quelque sorte reconnu, comme si on se connaissait depuis longtemps. Bien qu’il soit syrien, qu’il ait grandi et qu’il habite là-bas. il a aussi une culture musicale très éloignée de la mienne, très classique et orientale. il connaît très bien la musique classique arabe, la nôtre aussi, mais pas du tout la musique contemporaine, les groupes etc. Tout ce dont je me suis nourri. Ça passe vraiment par autre chose, et je crois que le nœud de l’histoire se trouve là. Tout découle des correspondances qu’il peut y avoir entre nous.
Khaled ne parle pas le français, je suppose que tu ne parles pas l’arabe ?
Non, et puis on a fait l’album sans parler, parce qu’on n’avait pas le temps et puis parce qu’on n’était pas là pour ça… On a fait les dix morceaux du premier album sans se connaître. Je l’ai invité à passer dix jours chez moi avant l’enregistrement, histoire de savoir « qui c’était ». il s’est avéré qu’on avait pas mal de choses en commun.
Une sorte de «choc des civilisations », au sens positif ?
Non, je ne crois pas. On ne le vit pas comme ça, plutôt comme quelque chose reposant uniquement sur les liens d’humanité entre nous. il n’y a pas eu de choc, à aucun moment. Ce sont des correspondances… Une belle leçon d’humanité, plus qu’un choc d’où découlerait la musique.
Pour revenir au projet avec Denis Lavant, connaissais-tu Attila Jozsef avant ?
Je connaissais un texte, que Bertrand [Cantat, chanteur de Noir Désir] avait lu une fois pendant des balances. Je lui avais demandé s’il s’agissait d’un nouveau texte à lui, et il m’avait dit que non, c’était un texte d’un poète hongrois, attila Jozsef en l’occurrence. On avait décidé de le jouer le soir même, et on l’a joué trois fois en tout, en ouverture de concert. Ça permettait de redonner de l’énergie et de la fraîcheur, et puis dès qu’on est tombé dans le systématisme on a arrêté de le jouer. C’était juste une parenthèse, et j’ai découvert l’écriture d’attila Joszef avec Denis Lavant.
Des projets de concerts au Moyen-Orient avec Interzone ?
Oui, on a déjà joué là-bas…
Avec un bon accueil ?
Des jeunes générations oui. Parce que Khaled joue du oud de façon très particulière. il est très libre dans sa façon d’aborder l’instrument, par rapport à la tradition. Les vieux oudistes lui disent : « Tu sais pas jouer du oud, c’est pas comme ça ». alors qu’il joue très bien. Les anciens conçoivent plus l’instrument comme quelque chose qui résonne à l’intérieur d’eux-mêmes, non comme un instrument servant à projeter une émotion. alors que Khaled l’utilise aussi comme ça, ce qui correspond plus aux nouvelles générations.
Ton univers musical est souvent sombre, cela correspond-il à une vision de la musique ?
Je n’ai pas de vision de la musique. Ce sont des choses qui jaillissent. Ça sort comme ça.
Pas de calcul, comme avec un texte par exemple ?
Si tant est qu’un texte puisse être calculé. au bout du compte… enfin, tu n’as pas tort, puisqu’il y a bien du travail pour arriver jusque-là. Le travail est super répétitif, très laborieux, pendant des années. Moi je suis un gros bosseur, j’ai toujours énormément bossé l’instrument, mais il y a un moment où les choses doivent être digérées et ressorties comme si elles étaient neuves. La difficulté dans la musique se trouve là pour moi. avoir cette sensation de sortir des choses de maintenant, de l’instant présent.
Ce que vous avez toujours fait avec Noir Désir…
Hmmm… Oui. C’est-à-dire qu’on a toujours vécu chaque concert comme si c’était le dernier. Ça te met forcément dans un état d’esprit particulier, et il se trouve que l’on avait tous cet état d’esprit, Bertrand, Denis, moi et Jean-Paul qui nous a rejoints il y a une dizaine d’années maintenant.
On trouve beaucoup d’instruments orientaux sur le dernier album d’Interzone. Cette confrontation ne t’a-t-elle pas donné envie d’apprendre un nouvel instrument, peut-être pour retrouver une certaine fraîcheur ?
J’ai eu envie d’apprendre le oud avant de rencontrer Khaled. Je suis allé chez un luthier à côté de chez moi, j’ai essayé et c’était catastrophique. Je me suis dit qu’il fallait que j’apprenne, j’ai demandé au vendeur des adresses de professeurs, il m’a donné des cartes et puis j’ai tout jeté en sortant du magasin, je me suis dit que ça allait pas du tout [rires]. aussi pour une raison simple, à savoir que je n’en finis pas d’apprendre de mon instrument.
Tu pousses la guitare dans ses retranchements, aussi bien au niveau du son que de la façon de jouer…
ah non, pas du tout. J’ai le sentiment d’avoir fait un certain nombre de choses, j’ai appris à structurer au niveau du son et de l’intention, mais j’ai encore énormément à apprendre, notamment de guitaristes comme Marc Sens qui m’apporte beaucoup dans Zone Libre. J’ai envie d’aller plus vers la musique abstraite.
A l’image de Zone Libre…
Oui, contrairement à interzone dont la musique est très structurée. Ce sont des choses qu’il faut que je développe, mais ça demande des mois de boulot…
Jamais lassé par la guitare?
Non, et puis j’ai besoin de jouer ! [rires]
Tu as travaillé avec la rappeuse Casey ?
Je n’ai pas encore bossé avec elle, mais on a un projet commun entre Zone Libre, Casey et Hamé de La rumeur. ils m’ont contacté il y a un an et ils m’ont dit : «On aimerait que tu montes un groupe, et qu’on fasse un album avec de vrais zicos ». Je leur ai dit qu’on venait de terminer un album avec Zone Libre, je leur ai fait écouter un titre particulier qui a à voir avec l’univers du rap. Cyril Bilbeaud, qui joue dans Zone Libre, faisait partie de Sloy, mais il jouait de la batterie en écoutant Public enemy dans les années 1980. Moi et Marco écoutons aussi beaucoup de rap indépendant américain, des mecs qui savent créer des univers très particuliers, comme ceux du label anticon. C’est une forme d’expression qui nous touche profondément, comme Dälek dernièrement. Des gens qui sont en recherche, comme La rumeur ou Casey en france, qui parlent avec une vraie honnêteté intellectuelle.
En voyant le DVD de Casey, on sent que ça vient des tripes…
elle est très forte… elle a une présence fabuleuse sur scène, une vraie front woman. Pour revenir à ce projet, ils ont adoré le titre qu’on leur a fait écouter, et on vient d’enregistrer le deuxième album. Toute la musique est prête, il leur reste à écrire les textes et à les poser dessus. Tout le monde a plein de choses à faire, on pense donc le sortir vers la fin de l’an prochain.
Le morceau en question, c’est « Nous sommes les seuls » ?
C’est ça.
Est-ce qu’on peut imaginer une tournée avec Zone Libre en backing band ?
Complètement.
Tu suis l’évolution de la scène bordelaise ?
Non, parce que je n’habite plus là-bas depuis quinze ans. et puis j’ai passé beaucoup de temps à composer, et à chercher des idées, j’ai donc énormément de retard sur les groupes à écouter et les trucs à découvrir…
Ton dernier choc musical ?
Le dernier album de Dälek. Je suis allé les voir en concert et j’ai été étonné parce qu’il y a un Dj, Dälek au chant et un guitariste, mais ça ressemble à tout sauf à des sons normaux. il passe sa guitare dans un ordinateur. Leur musique ressemble à de l’électro, mais avec une touche très particulière et des sons uniques. C’était surprenant, d’autant que l’album précédent tirait plus vers la noise, avec de vrais sons de guitare.
L’album de Zone Libre est sorti sur un petit label (T-Rec). Le projet était trop anti-commercial pour Barclay ?
J’aurais été étonné si Barclay m’avait proposé de le sortir, en fait. Je suis déjà étonné qu’ils aient sorti tous mes projets précédents ! [rires] Je suis très libre là-dessus, et je préfère travailler avec des gens qui ont envie de bosser avec moi plutôt que de faire un forcing inutile. Des bonnes expériences, il y en a plein, je n’aime pas forcer les choses, en tout cas à ce niveau. Je pense que c’est bien d’avoir créé cette structure qui produit des albums « hors norme », qui propose autre chose. J’espère aussi que ça va se développer. On a des projets d’albums solos et d’instrumentaux. Un album solo de Marc Sens, un autre de Jean-françois Pauvros, excellent guitariste de la scène improvisée. Des gens qui ne trouvent pas facilement de labels. On a plus intérêt à se retrouver entre personnes de la même famille, et à développer des choses ensemble. C’est plus facile pour travailler, et « philosophiquement » c’est plus juste.
Propos recueillis par Nicolas Legendre
Photo : Christophe Le Dévéhat |
|  | | krys
Inscrit le : 27 Sep 2005 Messages : 830 Localisation : Fermons-les-clans
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