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 Interzone, deuxieme jour

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krys



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MessageSujet: Re: Interzone, deuxieme jour   Mer 28 Mar - 18:45

Vu hier soir à la coopé... Cinéfac avait organisé une projection du Solaris de tarkowski, du coup il y avait moins de monde qu'il y a deux ans, ainsi que moins de discution de contoire. Le son était parfait ce coup ci.
La première parti, qui n'a pas tenté d'infliger de douleur physique à son auditoire, ce qui constitue déjà un progrès, Etait pas trop mal.
Le public chaleureux. "Vous êtes beau !" Sur scène, il ont fait la quasi integralité des deux albums, il y a de tentative de texte, mais je comprends pas le Syrien. Et Il ont acceleré les titres, pour comblé l'absence de chant... Du coup c'était pechu, comme du django reinharts. Et je pense qu'on a eu droit à un inédit.
Meilleur concert d'interzone, pour moi à ce jour.
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Matth

Matth

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MessageSujet: Re: Interzone, deuxieme jour   Jeu 29 Mar - 11:38

Vu hier soir aux "vents du sud" à Toulouse ... pareil que toi Kriss, super concert, péchu à souhait, 2 musiciens ravis de l'ambiance, et effectivement le public était excellent, hyper motivé, battant des mains pendant les morceaux et acclamant les 2 compères par 2 standing ovation du tonerre !!!
Setlist: 15 morceaux, ils en ont joués 8 du premier album (y compris le morceau caché) et 7 du second. Etaient presents tout mes morceaux préférés. Super rappel avec "vitalité", "requiem", "shataraban", "wings" et "melodie from syria" (morceau caché du premier opus) ... une heure vingt de concert, c'était royal, vivement que je m'en refasse un ...
Sergio de tres bonne humeur, complice avec Khaled et avec le public. En tout cas il avait l'air aux anges.

Samedi soir, je serai à Cahors pour Nosfell, autre registre ...
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Matth

Matth

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MessageSujet: Re: Interzone, deuxieme jour   Mar 3 Avr - 14:32

Changement de programme, concert de Nosfell samedi annulé ... je suis donc allé à Agen revoir Interzone ... même setlist qu'à Toulouse avec quelques inversions dans le rappel ...
Par contre, on a senti Sergio nerveux, tres nerveux ... la configuration de la salle n'était pas top (tables et gens assis, au final une trentaine de personnes sont quand même allés devant la scène), 120 personnes à peu près ... puis surtout, un bruit de fond, comme si son ampli avait été remplacé par un frigo ... ça l'a vraiment gonflé, on lieu de changer ses pédales avec les pieds, il y mettait des gros coup de poings !!! La jam man (la pédale bleu où il a ses samples pré-enregistrés) en a pris quelques un d'assez sévères !!!
Mais bon, une fois les morceaux lancés, il était bien, souriant, l'air heureux ...

Voilà, j'espère voir Zone libre en mai !
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krys



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MessageSujet: Re: Interzone, deuxieme jour   Mar 3 Avr - 15:51

Ben ça ressemble a une tournée de deuxieme album, qui n'a pas eu la même promotion que le premier, Manque plus que Khaled se pète les cordes vocales et on y sera. (J'espère qu'il ont enregistré.. )

Le Jamman c'est une pédale qui demande des coups secs et assuré, Ca ne s'utilise pas comme un embrayage, c'est vraiment un bouton poussoir qui offre une grande resitance et qui demande une certaine force d'appui. Faux faire claquer le truc. Comme apparament serge joue sans chausures, je pense qu'il a s'inquieter de ne s'éclater ni le pied, ni la pédale.
Quand je demande a des potes de faire des boucles dessus, je gère l'enregistrement avec la pomme de la main. Parceque pour un débutant c'est vraiment ardu de balancer l'impulsion qu'il faux au moment ou il faux sans influancer son jeu (volume et rythme, et précision)
C'est pour cela que M c'est quand même un gros frimeur, parceque ce qu'il a enregistrer sur son live, où il juge sa premiere boucle pas carrée (alors qu'elle est), et reussir au deuxième coup à refaire la même chose... Y arriver deux fois de suite ca relève encore pour moi du miracle.

Le buzz sur l'ampli arrive notament lorsque qu'il n'y a pas de prise de terre, ou que bien que presente elle n'est pas eté relié à la masse. Ca peut être utile pour detecter si les connections ont été faites convenablement.
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krys



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MessageSujet: Re: Interzone, deuxieme jour   Jeu 5 Avr - 16:44

Shataraban, Shadaraban, Shad Araban


http://www.alsiadi.com/Maqam_Shad_Araban.html

Baiati, Bayati

http://www.alsiadi.com/Maqam_bayati.html
Citation :

http://www.attarab.org/Musique-Arabe/Notions/maqam.html
http://www.alsiadi.com/maqamat.html
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Matth

Matth

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MessageSujet: Re: Interzone, deuxieme jour   Dim 15 Avr - 11:39

Merci pour les précisions, même si je savais déjà (suis musicien) ... je connais un peu la jamman, mais de toute façon, Sergio s'en servait à Toulouse soit en appuyant avec le bout des doigts, soit au pied, pas en la bourrant de coups de poings comme à Agen .. c'était pour vous faire passer son humeur ce soir là, qui était visiblement tendue.

Pour le bruit, je sais aussi qu'il est habituellemnt du à une prise sans terre ... c'est bien là le hic, on était dans une salle de concert quoi, si eux n'ont pas de terre ... ils risqueraient de ne pas attirer trop de groupes !!!

Voilà ... j'attends de voir la mise en oeuvre de la tournée de novembre, s'ils passent pas loin j'y retournerai encore. Et peut-être avant avec Zone Libre s'il y a d'autres dates, parce que là ce qui est proposé me fait trop loin.
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krys



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MessageSujet: Re: Interzone, deuxieme jour   Lun 16 Avr - 11:22

Tiens, Ou as tu entendu parler d'une tournée pour novembre ?
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Matth

Matth

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MessageSujet: Re: Interzone, deuxieme jour   Mar 17 Avr - 15:42

Bein je crois avoir lu ça dans l'un des articles que tu as mis en ligne ici, Sergio parlait des dates et disait qu'ils tournaient tout novembre aussi ... à vérifier, mais je crois avoir bien lu.
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krys



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MessageSujet: Re: Interzone, deuxieme jour   Mar 17 Avr - 17:57

exact.

Citation :
Et donc là vous tournez jusqu'à quand ?

Serge: Là, on a deux dates cette semaine, on joue demain, et on reprend fin mars jusqu'au 07 avril, tout le mois de novembre, et sinon, si tu veux des infos, c'est sur My Space...

Le type qui lit même pas les machins qu'il post, la tehon. Embarassed Embarassed Embarassed
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krys



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MessageSujet: Re: Interzone, deuxieme jour   Ven 8 Juin - 14:09

interview








Serge Teyssot-Gay et Khaled AlJaramani (Interzone)


La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand

mars 2007








Rencontrés avant le concert d’Interzone à la Coopérative de Mai, le 27 mars 2007, Serge Teyssot-Gay et Khaled AlJaramani
présentent leur travail commun en toute simplicité et avec une passion
qui fait plaisir à voir (et à entendre bien sûr). Comme ils le
prouveront magistralement le soir même lors de leur captivant concert,
les deux musiciens sont très complices et aiment à dialoguer, que ce
soit avec une guitare électrique et un oud ou avec des mots… Il faut
dire que les sujets de discussion ne manquent pas avec eux : leur
rencontre en Syrie, les tournées, la manière dont ils travaillent
ensemble, leurs projets avec Interzone, en solo, ou avec Zone Libre et Noir Désir, les situations politiques en France et en Syrie, Led Zeppelin… Entretien.






« Quand on sent qu’il y a une étincelle qui est là, on souffle dessus. »



Première question : pouvez-vous évoquer votre rencontre ?

Serge Teyssot-Gay : « J’étais en tournée avec Noir Désir
dans les pays du Golfe et j’ai rencontré Khaled en Syrie lors d’une
soirée… Il jouait chez un pote, j’ai flashé sur sa façon de jouer du
oud et sur ses idées : cette façon de projeter l’émotion comme on peut
le faire sur une guitare électrique. Le lendemain, je l’ai invité à
venir écouter le groupe, c’était la première fois que Khaled voyait un
groupe de rock… et qu’il entendait du rock quasiment. Après le concert
je lui ai demandé s’il pensait que c’était une bonne idée qu’on se
revoie dans un an, car je devais revenir pour un autre projet… Il a dit
« pourquoi pas ? » Et à partir de là, quand je suis revenu, on s’est
fixé un rendez-vous et on a commencé à composer tout de suite…
Interzone, le nom du groupe, comment c’est venu ?

On avait presque tous les morceaux du premier album et on s’est demandé
simplement qu’est-ce que ce que nous évoquait ce mélange de la guitare
et du oud… et on est tombé sur « Interzone ».
C’est la réussite artistique du premier disque et de la tournée qui vous ont donné envie de poursuivre plus loin l’aventure ?

Ça fait toujours plaisir qu’il y ait des gens qui apprécient ce qu’on
fait, mais malgré tout, au départ on fait ça pour soi. Excusez-moi,
mais c’est quand même super égoïste ! Puis, après, si on arrive à
rencontrer des gens qui aiment, c’est tant mieux, mais on fonctionne
par nécessité d’une certaine façon… Nécessité de se rencontrer, d’être
ensemble : on a du plaisir à se retrouver, on a fait une soixantaine de
dates sur la première tournée d’Interzone,
on a appris à se connaître à ce moment là, parce que pendant
l’élaboration du premier album on n’avait pas parlé ; on ne faisait que
jouer donc c’est un dialogue qui ne passe pas par l’intellect, c’est
autre chose. Après, il s’est trouvé qu’on a plein de points communs par
ailleurs et on a pas mal joué, donc on a ressenti du plaisir à être
ensemble. De nouvelles idées sont apparues : moi, j’ai appris pas mal
de choses, Khaled m’a apporté beaucoup, ça donne envie de continuer…
Comment s’est passée la composition de Deuxième jour ?

Khaled AlJaramani : En fait, durant la tournée consécutive à notre
premier disque, on a commencé à composer les morceaux du deuxième
album. Durant le premier enregistrement et lors de la tournée, nous
avons trouvé la direction que nous allions suivre pour le nouveau
disque. Puis, nous avons commencé à penser aux personnes qui allaient
jouer avec nous. Cela a été un grand plaisir pour nous de faire le
premier disque, et c’était un bon début pour notre projet commun, donc
on a continué l’aventure… Le deuxième opus est proche du premier en de
nombreux points : nos sentiments, nos émotions… Mais Deuxième jour
a pris une direction plus ouverte, avec un côté plus oriental, de
nouvelles couleurs. Lors de notre première collaboration, nous avons
trouvé notre son (le mélange d’oud et de guitare), après, pour la
suite, nous nous sommes plus axés sur la musique : de nouveaux
instruments, de nouvelles rythmiques. C’est le même projet mais la
palette est plus large.

Serge Teyssot-Gay : On compose très vite mais le temps de tournée, qui
a duré plus d’un an, est nécessaire pour accumuler du vécu et de la
complicité… Je ne me force pas à composer parce que souvent c’est du
temps perdu ; il n’y a rien qui sort car il n’y a pas de vraie
nécessité. C’est bizarre comme façon de faire… Khaled est pas mal resté
en France, pour la tournée ; on a donc envie de se retrouver chez lui
en Syrie, je suis allé là-bas et c’est à ce moment là qu’on a décidé de
la direction que l’on allait prendre. Après, tout le travail en amont
qui a été fait (avec des ateliers à l’abbaye de Royaumont avec de
nombreux d’invités) nous a nourri de façon souterraine et à ce moment
là, c’est apparu, c’est ressorti par jaillissements. Très vite, on sait
saisir ce qui est bon pour nous sur le moment. Arrivé à cette étape, on
compose un morceau par jour, ce qui ne veut rien dire en fait : il faut
les mois avant pour arriver à cela.
On a l’impression qu’il y a une osmose entre vous deux sur scène et
sur disque… Vous composez en jouant ensemble ou chacun amène ses idées
?


Serge Teyssot-Gay : ça part d’une idée généralement, d’un thème qui
vient soit de Khaled, soit de moi. Si cela nous plait à tous les deux,
on développe… C’est assez simple en fait. Quand on sent qu’il y a une
étincelle qui est là, on souffle dessus.





« On n’est pas du tout sur un rapport combatif entre nous deux,
on est plutôt sur un rapport de discussion : on essaye de discuter
d’autre chose à l’intérieur d’un même thème, pour renouveler le
plaisir. »




Qui a eu l’idée de reprendre Indian raga, un morceau de musique traditionnelle indienne ?

Khaled AlJaramani : Au début, quand j’ai rencontré Serge à Damas, on a
passé 4 ou 5 heures à chercher une idée pour commencer à jouer
ensemble. Je me suis souvenu de ce morceau, de cette mélodie jouée à la
cithare indienne que j’avais gardée en tête, et j’ai pensé qu’on
pouvait essayer de la jouer. J’aime l’esprit de cet art, l’indian raga,
parce que ça sonne de manière très belle.
Indian raga donne un côté encore plus « multiethnique » au disque…
Est-ce que c’était une volonté de votre part en l’intégrant au disque ?


Serge Teyssot-Gay : En fait, on est surpris par ce que l’on fait : ce
n’est pas une volonté de notre part. S’il y a volonté, c’était de
découvrir de nouvelles musiques, de nouveaux rythmes. La musique
indienne est hyper riche en mélodies, en rythmes, donc c’est très
attirant. Mais le mélange de la guitare et du oud tire parfois plus
vers l’orient pour des questions qui ne nous appartiennent pas. Sur un
morceau, Khaled a transposé en aigu car ça marchait mieux, et cela
donne un son plus oriental, qui n’était pas plus calculé que ça ! C’est
une histoire de mélange de timbres, de sons…

J’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de morceaux chantés et d’invités sur ce disque…

Serge Teyssot-Gay : Ce n’est pas une impression ! On a rencontré une chanteuse d’opéra syrienne Noma Omran - qui est une amie de Khaled -, Tari Akhbari
- un chanteur de musique traditionnelle perse qui chante de la musique
qui est super ancienne - et on a juste eu envie de les inviter… Ils ont
des voix extraordinaires et on a trouvé des espaces communs entre nous.
On prend plaisir à jouer ensemble, tout simplement ; on se met en
valeur les uns les autres. C’est plus que la somme de plusieurs
individus, ça donne du relief… On cherche une ouverture permanente en
fait ; apprendre la musique c’est sans fin, le travail sur l’instrument
est sans fin… Après, c’est une histoire de rencontres.
Sur la tournée vous êtes seulement tous les deux sur scène… Comment
faites-vous pour jouer les morceaux où il y a des chanteurs sur le
disque ?


On fait quasiment toute la tournée en duo, sur quelques dates on va
avoir tous les invités de l’album, mais c’est plutôt rare. Comme on a
tout composé à deux, ce que tu entends en concert c’est ce qu’on a fait
au départ, ce sont nos maquettes… Après, on a juste laissé de la place
pour nos invités au cours de l’enregistrement du disque.
Lors de la première tournée, j’avais beaucoup aimé le chant de Khaled. Je me demandais si ses disques étaient disponibles…

Khaled AlJaramani : Avant Interzone, j’avais enregistré un album solo ;
je n’utilisais pas ma voix comme dans Interzone. Sur le disque, il y
avait dix chansons et je n’utilisais ma voix que sur une chanson. Quand
on a commencé à enregistrer avec Serge, on aimait bien cette idée de
changer la couleur du son des deux instruments avec des parties
vocales. C’est pour cela que j’ai plus chanté avec Interzone. Sur le
second disque, nous voulions encore plus de couleurs, c’est pour cela
qu’il y a des invités au chant. J’ai moins utilisé ma voix pour une
autre raison : il y a de la clarinette, et le son de cet instrument est
très proche de la voix.
Sur scène, pendant la première tournée, on a l’impression que vous
improvisiez des vocalises. C’est le cas ou ce sont des textes écrits
préalablement ?


Serge Teyssot-Gay : Effectivement, il n’y avait pas de textes, c’est
plus ou moins de l’improvisation ; nos morceaux sont assez écrits mais
il y a une marge évidemment, on n’est pas du tout sur un rapport
combatif entre nous deux – ce qui peut être vachement bien –, on est
plutôt sur un rapport de discussion : on essaye de discuter d’autre
chose à l’intérieur d’un même thème, pour renouveler le plaisir.
Sur scène, techniquement comment ça se passe ? Y-a-t-il des samples de guitare et de voix compliqués à faire ?

Serge Teyssot-Gay : il faut que ça reste très simple, pour ne pas être
enfermé. Il y a un tiers des samples qui sont préenregistrés et les
deux autres tiers, je préfère les faire en direct, pour l’émotion du
moment ; avec un tempo qui peut être différent. C’est plus agréable, ça
reste un moyen de communication qui se veut immédiat.

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krys



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MessageSujet: Re: Interzone, deuxieme jour   Ven 8 Juin - 14:10

« Il y a pas mal de groupes qui se vantent d’avoir une démarche
politique, qui ont des slogans ; nous, on pense intimement que s’il y a
des choses que doivent passer dans notre musique, elles ne doivent pas
forcément être expliquées. Il ne faut pas prendre les gens pour des
cons. »




Comment ça se passe avec le public quand vous jouez en Syrie ou à Beyrouth ?

Serge Teyssot-Gay : En tant qu’européen, je trouve que le public était
super à l’écoute pour chaque concert qu’on a donné là-bas. Les gens
sont enthousiastes, surtout les jeunes, probablement parce que c’est
une couleur qui est nouvelle pour eux, la façon qu’à Khaled de jouer de
l’oud est très différente de la manière traditionnelle.

Khaled AlJaramani : En Syrie, on a fait deux concerts, où il y avait un
peu plus de cent personnes, les gens ont aimé la musique d’Interzone,
surtout les jeunes. Pour les personnes habituées à écouter de la
musique traditionnelle, c’était peut-être un peu plus difficile. Avec
le nouvel album avec plus de musiciens, ce genre de public va plus
apprécier.
As-tu été surpris par l’attitude du public européen ?

Au début, oui, car c’était complètement nouveau pour moi de jouer dans
un club, je ne l’avais jamais fait auparavant. C’était un peu difficile
au début ; même le son, je n’étais pas familier avec ça. Maintenant, je
suis habitué à jouer dans ce genre d’endroits et à communiquer avec le
public.
Avez-vous déjà commencer à travailler sur une suite de Deuxième jour ?

Serge Teyssot-Gay : Non, c’est trop tôt, il faut déjà vivre cet album sur scène, on a envie de le défendre, on verra plus tard…

Avez-vous pensé à faire des musiques de film ? Il me semble que votre travail s’y prêterait bien… ?

On aimerait beaucoup, ça nous plairait ; comme notre musique est
instrumentale, ça reste ouvert et ça pourrait marcher avec des images.
Après, je ne sais pas comment on pourrait intéresser ou contacter des
gens pour ce genre de projet.
Est-ce une démarche politique de proposer une musique qui est
nourrie de métissage culturel à une époque ou Sarkozy, Royal et Le Pen
parlent d’« identité nationale » ?


On ne brandit pas ça : on est ensemble avant tout parce qu’on aime
faire de la musique tous les deux. Après, on peut dire que c’est un
joli pied de nez à cette situation où la peur est nourrie par les
politiques et les religieux, où les gens ont un peu tendance à se
regarder de travers. Ça nous fait rigoler parce qu’on sait pertinemment
qu’il y a des façons de vivre et de communiquer autrement. On a
beaucoup parlé de la Syrie comme étant un pays dangereux, un pays de
l’axe du mal, mais les gens sont comme partout, ils ont envie d’être
tranquilles, d’avoir la paix, d’être heureux. Depuis des centaines
d’années, ce sont les politiques et les religieux qui nous cassent les
couilles, qui nous étouffent et qui en rajoutent… Oui, c’est un beau
pied de nez, mais on ne revendique pas, on n’aime pas cet aspect là… Il
y a pas mal de groupes qui se vantent d’avoir une démarche politique,
qui ont des slogans ; nous, on pense intimement que s’il y a des choses
que doivent passer dans notre musique, elles ne doivent pas forcément
être expliquées. Il ne faut pas prendre les gens pour des cons.
Vos concerts sont l’occasion d’une rencontre entre deux communautés,
deux publics, l’un appréciant le rock ‘n roll, l’autre la musique
arabe. Est-ce une fierté ?


Oui, ça fait vraiment plaisir, il y a pas mal d’arabes et de blacks qui
vont à nos concerts et qui d’ordinaire ne vont pas dans les clubs. Les
organisateurs nous le disent, c’est la première fois que certains
viennent à ce genre de concert. Il y a aussi des gens qui viennent
parce qu’ils connaissent Noir Désir et qui sont hyper surpris, parce
que ça n’a rien à voir. Certains sont hyper déçus, d’autres sont
surpris, c’est la vie quoi…




« La démarche de Led Zeppelin m’a toujours passionné, depuis le
début, ce sont des gens qui ont inventé des choses, j’étais très
sensible aux compositions de Jimmy Page, notamment Kashmir
. Sur notre morceau Cana, il y a ce type de recherche, de construction… »




Le mélange entre le rock et la musique arabe fait penser au titre Kashmir de Led Zeppelin et à la carrière solo de Robert Plant. C’est quelque chose qui vous a marqué ?

Oui, le dernier album de Robert Plant est magnifique je trouve ; avec
Khaled, on l’a beaucoup écouté. La démarche de Led Zeppelin m’a
toujours passionné depuis le début, ce sont des gens qui ont inventé
des choses, j’étais très sensible aux compositions de Jimmy Page,
notamment Kashmir. Sur notre morceau Cana,
il y a ce type de recherche, de construction ; comme on n’a que deux
instruments, on ne peut pas autant développer, on reste sur
l’essentiel, on ne peut pas développer des étages harmoniques très
complexes. Mais c’est quelque chose qui continue de m’intéresser et je
continue de chercher dans ce sens : avoir l’impression avec une guitare
de pouvoir faire évoluer quelque chose qui est composé pour plusieurs
personnes, notamment des cordes. La limite de ça, c’est que c’est vite
pompeux, c’est difficile de trouver quelque chose de juste dans
l’intention, c’est vite barbant.
En Syrie, est-ce que les gens écoutent de la musique européenne ou américaine ?

Khaled Al Jaramani : Oui, mais ce qui passe sur les principales télés et radios, ce n’est pas de la bonne musique (rires) !

Quelle est la situation des musiciens en Syrie ?

En Syrie, c’est très difficile de vivre de la musique. Tous mes amis
qui sont musiciens doivent donner des cours et jouer dans des
restaurants. Parfois, ils jouent pour l’orchestre national. Il y a un
gros problème avec les labels en Syrie ; c’est difficile de publier sa
musique là-bas, il y a des lois sur les copyrights, mais il y a
beaucoup de marchés où la loi n’est pas respectée. Il y aussi beaucoup
de problèmes avec la télévision, les radios et les festivals, il faut
donc vraiment se battre pour vivre de sa musique !
Serge, te souviens-tu de tes derniers passages à la Coopérative de
mai : une lecture de Georges Hyvernaud en 2001, un concert de Noir
Désir en 2002, puis d’Interzone en 2005 ?


Je me rappelle de tous les concerts en fait, j’ai de super souvenirs
ici, les gens qui tiennent ce lieu sont super accueillants. C’est un
immense plaisir de venir ici, donc forcément, tu t’en rappelles…
Peux-tu parler du livre/disque qui est sorti récemment ?

J’ai fait un livre/disque avec Lydie Salvaire, Marc Sens et Jean-Paul
Roy. Ça parle beaucoup de projets de vie débiles, comme on nous vend
souvent à la télé, des non dits dans la famille, cette parole qu’on se
cache à nous-mêmes entre nous alors qu’on est de la même famille. Cela
va chercher dans ce terrain là, Lydie Salvaire écrit de façon assez
virulente.
Peux-tu parler des groupes qui sont vos amis sur Myspace ?

Sleppers, j’aime beaucoup leur musique et ce sont des amis. Dupain, j’aime certaines choses. Les Young Gods, c’est le meilleur groupe du monde pour moi (rires) ! Et Doppler,
c’est un groupe de Lyon qui est une grosse surprise, j’adore leur
disque. J’ai croisé le batteur de Doppler à l’occasion d’un concert, il
m’a dit qu’il jouait de la batterie sur le disque d’Interzone
pendant ses pauses, pour se détendre ! On s’est échangé nos numéros de
téléphone et il m’a fait écouter les parties de batterie qu’il a
enregistrées pour le premier album d’Interzone, ça tire plus vers Led Zeppelin du coup, car il a un jeu à la John Bonham
C’est difficile de jouer avec un batteur, il faudrait que Khaled ait un
oud électrique. Sinon, c’est ingérable, donc on oublie…





« En fin d’année 2007, Bertrand doit sortir de
taule, on a envie de se revoir, de refaire de la musique… Je veux me
laisser le temps de retrouver mes potes et de faire de la musique avec
eux, je ne sais pas où ça me mènera, j’ai du mal à me projeter plus que
ça. »





Quels sont vos projets à court et moyen termes ?

Pour le moment c’est la tournée avec Interzone, après je vais passer à Zone Libre,
qui est un autre projet très électrique. On jouera à la Coopé en mai je
crois. C’est un trio instrumental complètement déstructuré, qui n’a
rien à voir avec une structure de chanson, on s’en fout totalement de
ce format. Il y a Marc Sens à la guitare, qui fait plus de la musique abstraite que des notes ou des mélodies, son jeu est très instinctif. Cyril Bilbeaud, c’est l’ancien batteur d’un groupe qui s’appelait Sloy dans les années 90. On a fait un album, Faites vibrer la chair
quoi est sorti su T REc. On vient d’enregistrer le deuxième album, la
musique seulement parce que ce sera un album de rap avec Amé un membre
de La Rumeur et Casey, une artiste du nord de Paris. Ce sont
des amis et ça fait longtemps qu’on avait envie de faire des choses
ensemble, ça sortira dans un an et demi car tout le monde a des
activités parallèles, il faut avoir le temps de se retrouver ensemble.
Voilà pour Zone libre… Pour Interzone, on ne sait pas ce qu’on fera
après la tournée… De toute manière en fin d’année 2007, Bertrand
(Cantat ndr) doit sortir de taule, on a envie de se revoir, de refaire
de la musique… Je veux me laisser le temps de retrouver mes potes et de
faire de la musique avec eux, je ne sais pas où ça me mènera, j’ai du
mal à me projeter plus que ça. Khaled AlJaramani : J’ai un projet avec Tari Azkhbari, qui
chante sur Deuxième jour ; nous pensons à commencer à travailler
ensemble sur des musiques et des textes. Ce ne sera pas que des
chansons, ce sera un dialogue entre nos musiques et les textes.




« Zone Libre, c’est tout sauf de la chanson parce qu’on n’aime
pas ça. On n’a pas de limites, on n’en veut pas… On joue plus sur les
langages de chacun, on essaie de voir comment ça peut s’entrechoquer. »




Tu peux parler un peu de Zone libre ? Comme ça sonne ? Un peu comme Marc Sens sur scène, très expérimental ?

Serge Teyssot-Gay : Oui, c’est dans cette lignée là, il n’y a pas de
chant du tout, les seules voix qu’il y aura ce sera des potes qui
viennent du rap comme je te disais à l’instant. Peut être le chanteur
de The Ex,
si on le croise (non, je déconne !). Zone Libre, c’est tout sauf de la
chanson parce qu’on n’aime pas ça. On n’a pas de limites, on n’en veut
pas… On joue plus sur les langages de chacun, on essaie de voir comment
ça peut s’entrechoquer. On fait parfois des sortes de duels et après,
Cyril, le batteur, choisit qui il va suivre. C’est pas mal sur l’impro,
mais tout n’est pas improvisé, on a quand même aussi des compositions :
sur scène, on va jouer le disque qu’on a enregistré.
Tu disais que tu n’aimais pas la chanson française… Est-ce que tu as lu le dernier livre de Luz J’aime pas la chanson française ?

Non, mais je vais l’acheter ! Parce que ça me concerne directement. Cela dit j’aime beaucoup, enfin j’adore, Loïc Lantoine ; ça c’est de la super chanson française, on va parler des gens qu’on aime ! »


Sites Internet : www.myspace.com/steyssotgay, http://sergeteyssot-gay.com/, www.myspace.com/librezone, www.lacoope.org.


Photos 1, 2, 3 et 4 : Bertrand Lasseguette (La Cartonnerie, Reims, avril 2007), photos 5 et 6 : Flore-Anne Roth (La Coopérative de Mai, février 2005)












auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com


interview publiée le 08/06/2007


Dernière édition par le Sam 9 Juin - 20:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Interzone, deuxieme jour   Ven 8 Juin - 14:24

(Source : http://www.foutraque.com/inter.php?id=104 )
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MessageSujet: Re: Interzone, deuxieme jour   Mer 11 Juil - 15:58

Culture

Invasion rock au Moyen-Orient


FESTIVAL DE LA CITÉ | 22h12
Interview de Serge Teyssot-Gay, guitariste de Noir Désir et moitié
d'Interzone avec l'oudiste syrien Khaled AlJaramani, en concert ce soir
à Lausanne.

INTERZONE: Khaled AlJaramani et Serge Teyssot-Gay se sont «reconnus» un
soir à Damas. Depuis, l'oud extraverti du premier se mélange aux
zébrures rock du second.ARCHIVES CHRISTOPHE ACKER/UNIVERSAL/LDD

BORIS SENFF | 09 Juillet 2007 | 22h12

Depuis que Noir Désir a été mis en veilleuse, Serge Teyssot-Gay,
guitariste du groupe, n'est pas resté inactif, trempant sa guitare
acérée dans les arabesques de l'oudiste Khaled AlJaramani sous le nom
d'Interzone. Coup de fil.

A l'époque de Silence Radio (1996), votre premier album solo, on avait
l'impression que vous étiez du genre à vous enfermer dans la cave pour
faire des trucs tordus à votre guitare. Vous semblez sorti de la cave?


Carrément, je suis même sorti de la Méditerranée! Mais c'est vrai que
j'ai besoin de concerts, de bouquins, de théâtre. J'habite Paris, j'ai
besoin de la ville. Tout seul, on finit par tourner en rond, on se
cogne à ses limites.

Quel a été votre premier contact avec la musique arabe?

Interzone,
c'était la première fois en fait. J'écoute toutes sortes de musiques,
elles sont toutes intéressantes. En Orient, il y a une richesse des
rythmes, des harmonies? Mais, en fait, la musique est presque
secondaire. Il y a surtout eu une rencontre, Khaled. Une reconnaissance
mutuelle, une confiance immédiate. La musique vient après.

Comment l'avez-vous rencontré?

C'était
à Damas, en 2002, lors d'une tournée de Noir Désir. Je l'ai écouté et
apprécié au Centre culturel français, je l'ai invité à notre concert et
je lui ai dit que j'allais revenir dans un an pour un projet avec
l'écrivain Lydie Salvayre, que l'on pourrait se rencontrer une semaine
pour jouer.

Et le jour dit?

D'abord,
on n'a pas parlé. Avec Khaled, on a appris à se connaître après avoir
composé notre premier album au rythme d'un morceau par jour. Il faut
croire qu'on avait des choses musicales à se raconter! Entre nous, le
boulot ça va très vite. Pour le deuxième aussi. On procède par
politesse: chacun son tour et il faut que ça nous plaise rapidement,
que ce soit simple, spontané.

Comment réagit le public arabe?

On
devait faire une tournée qui n'a finalement pas eu lieu, mais on a joué
en Syrie, à Beyrouth aussi. Les jeunes sont vraiment intéressés, c'est
nouveau, une autre façon de jouer de l'oud. Les vieux sont très
critiques. Dans la tradition, l'oud sert plutôt quelque chose d'intime,
de tourné vers soi. Khaled a aussi un côté qui extériorise la musique,
qui la projette. Donc les vieux disent qu'il ne sait pas jouer et les
jeunes trouvent ça génial?

Le poids de la tradition?

Comme partout. La France, par exemple, est un pays coincé dans la chanson française.

Avec Noir Désir, vous aviez d'ailleurs un pied dedans, non?

Totalement!

Et que pense Bertrand Cantat d'Interzone?

Il
aimerait bien être dehors, pour nous voir! On souhaite tous reprendre
une activité ensemble, on attend qu'il sorte je pense que cela pourrait
être cet automne et on verra comment faire. Avec Noir Désir, c'est
comme ça vient! Je me suis toujours adapté à mes potes.

Interzone, Deuxième Jour, Barclay (distr. Universal). En concert ce soir à la Place du Château (20?h).

http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/culture/culture_detail/(contenu)/105757
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